J’ai commencé à utiliser Trello en 2015, à l’époque où personne autour de moi ne savait vraiment ce qu’était un tableau kanban. Dix ans plus tard, j’ai toujours mon tableau « Vie perso » ouvert dans un onglet, et je viens de passer une soirée entière à tester une alternative open source dont tout le monde parle. Du coup, autant poser à plat ce que j’en pense.
Petit disclaimer : je ne suis pas chef de projet. Je suis juste quelqu’un qui gère ses articles, ses trucs à faire à la maison et deux-trois side projects avec des colonnes « À faire / En cours / Fait ». Basique. Mais efficace.
Le kanban, c’est pas sorcier (et c’est ça qui est bien)
Le principe tient en une phrase : tu mets des cartes dans des colonnes, tu les déplaces de gauche à droite. C’est tout. Toyota a développé cette méthode dans les années 50 pour gérer des flux de pièces détachées, et aujourd’hui je m’en sers pour savoir si j’ai pensé à commander des croquettes.
Ce que je trouve génial avec le kanban, c’est que ça marche à toutes les échelles. Une équipe de 20 devs ? Un étudiant qui prépare ses révisions ? Un couple qui organise un déménagement ? Mêmes colonnes, même logique. Franchement, peu d’outils de productivité peuvent se vanter de ça.
Trello en 2026 : où en est le mastodonte ?
Alors Trello a bien bougé ces derniers mois. Entre les nouvelles vues enregistrées, le calendrier unifié qui regroupe plusieurs tableaux et les fameuses « cartes de bord » (en gros, des cartes qui vivent au-dessus de ton tableau et qui synthétisent l’info importante), on sent qu’ils veulent plus être juste « le truc avec des colonnes ».
Il y a aussi tout un virage vers l’automatisation low code. En clair : tu peux déclencher des actions automatiques sans écrire une ligne de code. Genre « quand je déplace une carte dans Fait, envoie un message dans Slack et crée une entrée dans ma base clients ». Perso j’ai mis du temps à m’y mettre mais une fois que t’as goûté à ça, tu reviens pas en arrière. Un peu comme quand on teste une plateforme bien pensée et qu’on compare après avec le reste — j’ai eu la même impression en lisant l’avis complet sur Olympe Casino l’autre jour, cette sensation que certains outils soignent vraiment l’ergonomie quand d’autres se contentent du minimum. Le détail fait la différence.
Les nouveautés qui m’ont vraiment servi
- Le calendrier unifié : je visualise mes deadlines de 4 tableaux différents d’un coup. Enfin.
- Les vues enregistrées : je bascule entre « Mes trucs urgents » et « Vue d’équipe » sans refaire mes filtres à chaque fois.
- L’automatisation Butler qui gère maintenant des trucs plus complexes qu’avant.
- Les cartes de bord, qui remplacent un peu l’ancienne habitude du « post-it fixe » en haut du tableau.
Après, soyons honnêtes, tout n’est pas rose. L’app mobile reste parfois lourde, et la version gratuite est devenue nettement plus limitée qu’avant.
Et si on sortait de Trello ?
C’est là que ça devient intéressant. Parce qu’il y a de plus en plus d’alternatives sérieuses.
Kan, la petite nouvelle qui monte
J’ai testé Kan la semaine dernière. C’est une alternative open source à Trello qui commence vraiment à faire parler d’elle. Interface clean, drag & drop fluide, auto-hébergement possible si tu veux garder tes données chez toi. Pour quelqu’un qui a un petit serveur à la maison (coucou le Raspberry Pi qui dort), c’est le kif.
Le truc c’est que Kan n’a pas (encore) toutes les intégrations de Trello. Si tu bosses en équipe avec 15 outils connectés, tu vas te sentir à l’étroit. Mais pour une utilisation perso ou en petite équipe, c’est largement suffisant.
L’app Rappels d’Apple, le hack inattendu
Je suis tombé sur un article qui expliquait comment transformer l’app Rappels de macOS en kanban. Et honnêtement ? Ça marche. Tu crées des listes, tu utilises les sections comme colonnes, tu glisses tes tâches. C’est pas aussi puissant que Trello, mais c’est natif, c’est gratuit, et ça se synchronise avec ton iPhone sans effort.
Pour les utilisateurs Apple qui ne veulent pas un énième abonnement, c’est à tester.
Côté Linux
Si tu es sous Linux, il existe pas mal d’options de gestion de projet qui s’installent en local : des solutions comme Taiga, Focalboard ou Planka sont assez matures aujourd’hui. Je ne les ai pas toutes testées en profondeur, mais Focalboard notamment reprend vraiment les codes de Trello en version self-hosted.
Mes 7 règles perso pour ne pas se noyer dans son kanban
Après dix ans à utiliser ces outils, voici ce que j’ai appris (parfois douloureusement) :
- Pas plus de 5 colonnes. Au-delà, ton cerveau décroche.
- Limite les cartes en cours. Si t’as 40 trucs « En cours », t’as 40 trucs qui avancent pas.
- Une carte = une action concrète. « Améliorer le site » c’est pas une carte, c’est une épopée.
- Archive sans pitié. Les cartes « Fait » qui s’accumulent, ça pollue visuellement.
- Les labels couleur, c’est pas de la déco. Trois couleurs max avec une signification claire.
- Fais un ménage hebdomadaire. Le vendredi, 15 minutes, tu passes tout en revue.
- N’automatise pas trop tôt. Comprends d’abord ton flux manuellement, après tu automatises.
La règle 7 c’est celle que j’ai le plus de mal à respecter. On a toujours envie d’automatiser avant même d’avoir un process stable, et au final on passe plus de temps à bidouiller les règles qu’à bosser.
Alors Trello ou alternative ?
Ça dépend de deux choses : combien tu es prêt à payer, et combien tu tiens à tes données.
Si tu veux du puissant, des intégrations à la pelle et t’en fous de filer tes infos à Atlassian, Trello reste imbattable pour un usage pro collaboratif. Si tu veux de la souveraineté et un truc simple, Kan ou Focalboard valent clairement le détour. Et si tu as un Mac, teste donc Rappels avant de payer quoi que ce soit.
Moi je reste sur Trello pour le boulot d’équipe. Mais mon tableau perso ? Il est en train de migrer tranquillement vers une instance Kan auto-hébergée. Je verrai dans six mois si je tiens.
















